vendredi 8 février 2013

Interféron: force obscure qui peut guérir.

L'interféron qu'est ce que c'est ?

L'interféron est une substance fabriquée par l'organisme à l'état naturel, et dont le rôle est de transmettre à d'autres cellules une résistance contre des infections virales. Il "interfère" donc en transmettant un message aux autres cellules.
L'interféron a été découvert en 1957 ! 
Il existe plusieurs sortes d'interféron (Alpha, beta, gamma,...) fabriquées par les différents types de globules blancs. Le rôle de l'interféron n'est pas de détruire les virus, mais d'entraîner une réaction de défense de toutes les cellules de l'organisme chargées de l'immunité . Les interférons stimulent donc l'ensemble du système immunitaire en permettant les échanges d'information et donc la coopération entre les cellules chargées de détruire virus, cellules étrangères, et également certaines cellules cancéreuses. En plus de leurs propriétés antivirales, les interférons  participent à la régulation de nombreuses fonctions essentielles, notamment du métabolisme et de la prolifération cellulaire et de la réponse aux hormonesEn thérapeutique On utilise des interférons synthétiques fabriqués en grande quantité par génie génétique et qui sont en tout point similaires aux interférons naturelsL'arrivée en 1989 de l'interféron alpha a révolutionné le traitement de l'hépatite C .

L'Interféron effets seconds.

Cette molécule d'Interféron « naturelle » produite actuellement par génie génétique a de nombreux effets secondaires, fièvre, fatigue, courbatures... appelés syndrome grippal, oui cette sensation si désagréable que nous ressentons lors d’une grippe !
Ce n’est pas tout, l’effet sur le cerveau est le plus redoutable: troubles du sommeil, irritabilité, baisse de l’attention, de la libido, et surtout dépression. Même si les mécanismes par lesquels l'interféron alpha entraîne des effets neuropsychiatriques restent obscurs, les principaux effets secondaires de la prise d'interféron sur le système nerveux central sont l'asthénie, l'anorexie, l'irritabilité, les troubles de la concentration, et l'insomnie. Ils peuvent conduire à un véritable syndrome dépressif. Le tableau ci dessous indique la proportion de patients ressentant divers effets secondaires de l'interféron administré à l'occasion du traitement de l'hépatite C. 64% ressentent la fatigue 40% l'insomnie, 35% l'irritabilité et 31% la dépression. Bien sûr certains ressentent simultanément plusieurs de ces effets que d'autres patients sans doute ignorent.



Avant de commencer le traitement et en cours de traitement, il faut donc :
Bien s'informer et informer son entourage de ces risques de dépression, et de possibles états de confusion. 
Tenir compte de la baisse de la libido que peut entraîner le traitement et de l'impact sur la vie sexuelle.
En cas de symptômes dépressifs, réagir rapidement en introduisant un traitement adéquat, sachant que cette prescription est due aux effets secondaires de l’interféron. Si l'on a déjà fait des dépressions, avec ou sans tendances suicidaires, envisager un traitement antidépresseur à titre préventif. 
Les antidépresseurs ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) ainsi que SNRI (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline) ont montré leur efficacité dans le traitement de la dépression chez les patients atteints d'hépatite traités à l'interféron. Cependant les données sur l'efficacité de la prise d'antidépresseurs avant de commencer l'interféron sont contradictoires, car l'interféron peut affecter le niveau de sérotonine, le neurotransmetteur en partie responsable du contrôle de l'humeur et d'autres fonctions cérébrales. C'est pourquoi les antidépresseurs ne fonctionnent pas toujours chez les patients sous interféron.


Bilan après une année de cure :

Un an après la fin de ma cure je suis guéri, mais je ne suis plus comme avant.
Les problèmes de peau aigus  (jambes grêlées de points rouges, crevasses, démangeaisons furieuses) ont disparu après quelques mois. Pourtant, il m'arrive souvent de voir réapparaître des plaques rouges derrière les cuisses, aux hanches ou aux épaules accompagnées de fortes démangeaisons (qui peuvent me réveiller au cours de la nuit). Cela dure une demi heure, puis disparaît. De même, mes cheveux ont repoussé, mais n'ont pas retrouvé la texture qu'ils avaient avant le traitement.
Il m'arrive d'avoir d'intenses coups de fatigue qui m'obligent à suspendre, pour quelques minutes,  mon activité professionnelle ou la conduite en voiture.
Encore des douleurs au foie (même si le foie, c'est connu, ça ne fait pas mal).
Ma personnalité a beaucoup changé également. Perte de confiance en moi surtout en termes de résistance au stress et de concentration. J'ai aussi perdu l'habitude du plaisir des contacts sociaux. Peut être car je ne bois plus de vin, ou car j'ai changé de régime alimentaire. Moins optimiste, moins entreprenant il me semble avoir pris 10 ans en une année.

Et après ?

Compte tenu de la lourdeur fréquente des effets secondaires, et notamment du risque de dépression, la décision du traitement de l'hépatite C doit tenir compte de nombreux paramètres, tels que l'existence de symptômes, l'âge, l'état du foie, les contre-indications au traitement mais aussi la situation personnelle et professionnelle du patient. Même si naturellement on préfère être guéri, il faut intégrer la probabilité et l'impact d'effets secondaires lourds et durables.
La vraie réponse aux  problèmes des effets secondaires vient de la recherche qui est en train de mettre au point des thérapies sans interféron et de durée plus courte.Les études de phases deux et trois sur les patients, démontrent que les nouvelles pilules sans interféron éliminent le virus de l'hépatite C dans presque la totalité des cas (contre environ 50-70% avec les traitements actuels), ainsi que chez les patients qui n'avaient pas répondu positivement au traitement par l'interféron. Ces thérapies sont actuellement en phase II de développement, par conséquent, ne seront pas disponibles avant deux ans.
Une raison de différer la mise en route du traitement, si bien sûr, cela est possible.
Santé, 

Ozias
La lettre du gastroentérologue. N1 - Vol V. Janvier-Février 2002.

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