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mercredi 1 juillet 2026

Une addiction

J'ai rencontré les opiacés en 1979. Je venais de m'installer à Paris où j'ai retrouvé Claudine, une copine de copine. Elle connaissait Guido, jeune italien amateur et discret pourvoyeur de brown sugar. Premier sniff, avec Claudine, un de ces tristes week-end parisiens où je me sentais si seul. Deux ans auparavant j'avais découvert le hash, que je consommais alors quotidiennement, et aussi les champignons, et le LSD dont le me méfiais suite à un bad trip traumatisant. De temps en temps je gobais les cachetons dont j'entendais parler (Optalidon, Maxiton, Valium, etc) et bien sûr l'alcool que j'avais découvert lors de ma première 'cuite' à 12 ans. Et ce jour là, avec le brown,  j'ai tout de suite senti que j'avais découvert quelque chose de nouveau : Une sensation de douce chaleur dans tout le corps, une clarté d'esprit qui préserve l'accès aux rêves et surtout l'énergie et la confiance en moi. Une simple trace sur un miroir suffisait à faire venir une énergie tranquille, une confiance sereine, silencieuse.

Quelques temps plus tard, je retrouvais à Paris, d'anciens copains du campus, avec qui j'avais trippé et qui eux étaient passé depuis déjà quelques temps à l'injection d'héroïne, et d'éphédrine. C'était une époque où l'on parlait peu des risques, où la seringue circulait et se partageait avec une banalité qui paraît aujourd'hui difficile à imaginer. De 79 à 1986, j'ai donc été usager assidu d'opiacés. D'abord sniffé (brown sugar) puis injectés (héroïne, morphine, brown), opium avalé, héroïne fumée, dragées de Néo Codion, élixir parégorique, rachacha. Pas mal de speed aussi (benzédrine liquide que j'avalais le plus souvent et même shooté en IV). Je consommais plusieurs fois plusieurs jours par semaine, parfois même sur mon lieu de travail. Je travaillais, je respectais mes engagements, je donnais le change. Je ne correspondais pas à l'image du « junkie », et cette apparente normalité me donnait l'assurance que je maîtrisais la situation. Toujours prudent j'utilisais une seringue personnelle, que je stérilisais à l'eau bouillante avant de m'injecter. J'ai arrêté tout ça lorsque le sida a commencé à faucher les copains et que, pris de peur, je me suis sauvé de Paris. J'ai changé de vie, vécu en couple, fait du sport beaucoup d'escalade et de la course à pied. Je peux dire que c'est l'escalade qui mixe le risque, l'aventure et la discipline de l'entraînement qui m'a sorti de l'univers dangereux de l'injection. En 1987 j'ai un premier enfant, en 1991 je reprends les études et j'obtiens un diplôme d'ingénieur. Je me suis alors jeté dans le travail avec la même intensité que j'avais autrefois mise dans les drogues. Je travaillais énormément, je buvais un peu trop, sans jamais sombrer dans l'alcoolisme, et j'avalais les comprimés qui me tombaient sous la main — tétrazépam, bromazépam, Arcalion, Guronsan. Cette phase a duré jusqu'en 2011 date à laquelle on m'a diagnostiqué une hépatite C, héritage silencieux de mes années d'injection. J'ai appris que certaines histoires ne se terminent jamais vraiment. Elles disparaissent un temps, avant de ressurgir là où on ne les attend plus. C'est d'ailleurs à ce moment que j'ai commencé ce blog.

Donc, afin d'estimer les dégâts de l'hépatite C sur mon foie, je "bénéficie"  en 2011 d'une biopsie du foie qui perce un poumon et qui m'occasionne un très douloureux pneumothorax. Jamais eu aussi mal de ma vie,  je me noie de l'intérieur !!! Je hurle !!! on me donne un antalgique  (lequel ??) et là, un vrai miracle, la douleur s'apaise la sérénité revient et après 20 ans d'abstinence des opiacés je retrouve instantanément les sensations de cocon maternel que me procurent la morphine, le brown sugar, les opioïdes. De ce pneumothorax s'ensuit une dizaine de jours d'hospitalisation avec drainage pleural, le tout sous morphine et tramadol.  Je retourne chez moi avec une ordonnance de tramadol. Trop bon ! Suite à ces retrouvailles je cherche les moyens de me procurer le bien être discret et confortable des opiacés.  

2012  Le traitement de l'hépatite par Interféron m'a épuisé et déprimé, je démarre une psychothérapie qui durera 5 ans. Côté produits c'est Bromazépam, Codoliprane, récupérations de vieilles boîtes d'Izalgi ou de Ixprim dans la pharmacie des parents, recherches sur le web et commandes sur Internet. Par deux fois le Tramadol me provoque des évanouissements subits, je décide donc de l'éviter. En 2013 à Paris rue Ambroise Paré, je fais mes premiers achats en douce. D'abord méthadone et Subutex, puis de Skenan. Pas question d'en parler à ma femme, j'ai honte et elle ne comprendrait pas, ni à mon médecin traitant (j'habite un village où tout se sait, où mes voisins sont des collègues de travail et je veux éviter tout recoupement). En 2016, en allant chécher sur une place deal à Marseille je me fais braquer, au couteau. Je pars alors à la recherche d'un médecin prescripteur, moins risqué. A l'époque, je poursuivais une psychothérapie suite à la dépression provoquée par le traitement de l'hépatite C à l'interféron, et le trouble que l'annonce de cette maladie avait suscité en moi. J'ai raconté mon histoire au psychologue, au médecin prescripteur et mes prescriptions étaient accompagnées d'un suivi psychologique jusqu'en 2017.

2016. Première ordonnance pour de Subutex. 2mg, 1cp/j. 2020 pendant 28j puis ensuite 4mg/J. Par souci de discrétion  vis à vis de ma femme, de mon travail, et de la sécurité sociale, mon médecin prescripteur n'est pas mon médecin traitant. Avec lui, comme à la pharmacie, pas de paiements par carte, ni de demande de remboursement Sécurité Sociale. Et depuis, tous les deux mois, renouvellement d'ordonnance et prise de Subutex chaque jour (dosage variable : max 4mg/j minimum 1mg/j).

Le sommeil avec le Subutex, c'est toujours compliqué pour moi. Si j'arrête le Subutex, je ne trouve plus le sommeil, mais si je me couche trop près de la prise de Subutex, il m'empêche de dormir. D'ailleurs d'après ma montre connectée (qui me surveille h24) avec le Subutex, je n'ai plus de sommeil profond. Le sommeil n'est pas le seul problème avec le Subutex. L'inconvénient majeur des opiacés, c'est la paresse intestinale, la constipation. J'ai longtemps pallié ce problème en prenant  épisodiquement des laxatifs (Lansoÿl, Biscodyl ), mais surtout en utilisant depuis 2024 une route d'administration par spray nasal (voie nasale après filtration de l'excipient du comprimé) à l'aide du dispositif MAD.

2020 Covid et confinement. Ma femme tombe sur mes ordonnances de Subutex au cours d'un échange de mail par PC.

2021 Infarctus. Je parle pour la première fois de ma consommation de Subutex ouvertement à l'hôpital et avec le cardiologue. Sur d'autres consommations (psychédéliques) je reste plus discret. Ma première sortie en ville est une visite auprès de mon prescripteur.

Fin 2024, confronté à des tensions qui m'angoissent et me coupent le sommeil, je demande à mon médecin prescripteur s'il peut rajouter un anxiolytique. Depuis, je prends chaque soir entre 0.5 et 0.25 mg d'Alprazolam. 

En 2025, je pars en voyage, avec mon épouse pour 1 mois en Australie. Au retour, en janvier 2026, nous aménageons dans un nouvel appartement situé en centre ville, ce qui nous change du chalet de montagne où nous vivions depuis presque 25 ans. Mes deux enfants voyagent. Ma mère est décédée l'été précédent. Bien qu'anodin, ce retour de voyage n'est pas évident. Ma femme ne se plait pas dans notre nouvel appartement, nous avons dû placer notre chat qui ne supporterait pas la ville, et cerise sur le gâteau, je me blesse l'épaule en grimpant fin février. L'escalade j'en faisais deux à trois fois par semaine , et c'est ce qui me tenait droit, fort et encore jeune. Bref, je ne sais plus trop où j'habite, je suis en deuil de ma mère et de l'escalade et je tombe dans une phase de dépression. Un gros coup de vieux, l'envie d'en finir en me balançant sous un tram ou en entreprenant des démarches de suicide assisté en Suisse. De plus, j'ai remarqué que ma mémoire baisse, que mon temps d'accès aux noms et aux mots s'allonge, que ma facilité à parler et à écrire diminue. J'ai attribué ça à la consommation de benzodiazépines que j'essaie de limiter (0.25mg/j max, jours 'sans'). Les jours 'sans benzo', je m'endors difficilement et je me réveille vers 3h du matin pour me rendormir 2h plus tard. je me pose aussi des questions sur les effets du subutex à long terme 2mg /j plus l'alprazolam, ne vont ils pas accélérer mon vieillissement intellectuel ? perturber mon équilibre psychique ? impacter mon humeur et changer mon caractère ? Bref, où en suis je ? Et où vais je ? 


Décrochage mode cold turkey, et donc en chien (avril 2026).
L'idée d'arrêter tous les cachetons me prend tout d'un coup après m'être fait virer d'une soirée où un vigile m'a choppé à sniffer.  Raz le bol du sub, d'aller le chercher chez le toubib puis la pharmacie, de le traîner partout avec moi, de toujours penser quantité, rangement dès que je bouge, et de passer tous mes après midi dans les vapes. Bref, "I have made very big decisions" : j'arrête. Dernière prise (2mg) samedi 18 avril après midi.
Le lendemain soir, je suis effondré. Pas à cause du sub, mais surtout à cause du truc qui s'est passé (viré d'une soirée pour un sniff de K).
Lundi, gros problèmes de sommeil, zéro énergie, je marche avec peine, étourdissements quand je me lève. "I just feel like sheet". Et heureusement ! je ne travaille pas. Puis, le manque.
Le manque porte bien son nom. Parce que le premier jour, avec le Sub, on ne le sent pas. Plus tard, mentalement, s'installe une envie tenace dans un coin de la tête. Puis après une ou deux journées qui s'étirent sans fin ni appétit , plus rien ne vaut rien. Le jour, physiquement pas grand chose de violent à part des éternuements fréquents, mais cette impression pesante de peser 300kg un mal de dos tenace. Pas d'énergie. La nuit, impossible de dormir. Sensation d'un corps comme chiffonné, qui aurait besoin d'être repassé. Tensions entre les épaules. Dans les membres je sens comme des fils que l'on tire par ci par là, régulièrement et qui piquent et déchirent quand poussent leurs aiguilles. Je tourne et retourne dans mon lit sans trouver le sommeil.

Mardi (21 avril) matin je vais voir un médecin que je ne connais pas. En 20mn je ne vais pas lui raconter toute mon histoire, seulement ma déprime. Il me prescrit du Seroplex que, dans un premier temps je ne prends pas. Je me sens vraiment comme un tas de merde, incapable de même répondre au téléphone. Mon nez coule sans arrêt, je n'arrête pas d'éternuer et surtout, impossible de dormir et même impossible de savoir si c'est le manque ou un gros rhume qui me fait éternuer et me fatigue autant. La nuit, impossible de récupérer. Mon épaule blessée à l'escalade me fait mal et irradie dans tout le bras.  Temps de sommeil relevé par ma montre 3h par nuit maxi. 
Mercredi (22/4), toujours l'épaule et ce "sale rhume" qui me chiffonne le corps, me fait couler le nez et éternuer sans arrêt. Toujours impossible de dormir. J'ai beau essayer la méditation, les body scan, la respiration, tout ça ne marche pas. Mon paysage mental est comme la surface d'un lac retournée par un vent qui ne faiblit pas. Pas moyen de fixer mon attention, de suspendre le flux de mes pensées.
Jeudi 23, je vois un pote, pour la première fois de la semaine. Toujours fatigué, mais ça m'a l'air d'aller mieux. A part une fatigue persistante, ça va presque bien, sauf la nuit impossible trouver une position convenable dans mon lit. Résultat 1h 45 de sommeil entre-coupé de crampes, de mouchages et d'éternuements.
Vendredi (24/4), ce matin j'ai un bail avec Aides une asso dont je suis adhérent. Je suis tellement fatigué et mal ce matin que je me prends un 0.4mg de subutex pour me remonter. Voilà déjà 6 jours que j'ai arrêté mes 2mg quotidiens et je me dis que je vais faire un pallier à 0.4 pendant quelques jours avant de passer à zéro. 
Comme il me fait bien du bien ce petit comprimé ! J'ai l'impression que ma peau et l'ensemble de mon corps sont repassés, lissés, le vent qui agitait la surface du lac se calme. Bref, je pars à mon asso, et là tout se passe bien jusqu'au moment où je tombe dans les pommes et je me retrouve au sol où je m'endors où je rêve brièvement. Bien sûr la réalité continue. Mes collègues appellent le 15, les urgences. Malaise vagal, rien de grave, je rentre chez moi et je me repose. Je consomme toujours beaucoup de mouchoirs, mais le soir avec 0.25mg d'alprazolam j'arrive à trouver un sommeil entrecoupé de crampes.
Samedi je me réveille reposé et motivé par la prise d'un nouveau comprimé de 0.4mg de subutex. Dimanche, c'est dimanche, je n'ai rien à faire. Alors, je m'envoie un bon vieux 2mg qui me met tellement bien, tellement bien. 
C'est ainsi qu'en un mois je suis revenu à ma consommation de 2mg quotidien agrémenté d'une pointe de Xanax le soir. 

 Né en 1957 je suis ingénieur en retraite, marié deux enfants. 
... à Suivre


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mercredi 20 novembre 2024

50 ans d'usage de psychédéliques

Et oui, bientôt 50 ans que j'ai fait la connaissance des psychédéliques. 1974, c'était l'année du bac. Baudelaire, ses copains et leurs paradis artificiels m'avaient déniaisé côté théorie. La mise à feux eut lieu en 1976 avec un premier joint de libanais rouge, au cours d'un séjour en Ardèche entre potes. Cette expérience fut rapidement suivie par la découverte des champignons hallucinogènes, des buvards et de micro-pointes variées sur le campus de la fac ou pendant les vacances. A l'époque, pas de places de vente, pas d'Internet. Tout arrivait par un pote, qui avait un pote, qui connaissait quelqu'un qui revenait d'Amsterdam, ou du Pérou, ou d'Afghanistan ou d'ailleurs... On partait se ravitailler au Maroc, en Hollande. Pas de web, de RCs ni de RdR non plus. On lisait 'L'Herbe bleu' , 'Flash' et parfois 'L'herbe du diable et la petite fumée'. On parlait souvent de mescaline et de PCP sans jamais en trouver. D'autres produits plus dangereux comme le Valium, les amphétamines, l'éphédrine, un peu de coke, l'opium et surtout l'héroïne circulaient aussi, mais je ne les ai rencontrés que plus tard avec la vague punk et ses shooteuses. Mon cercle de potes composé de nouveaux punks et d'anciens babas ignorait tout ou presque du set and setting et encore plus des mystères de l'intégration. Moi, je trainais mes pattes d'eph et ma pelisse afghane à la recherche des paradis artificiels de Baudelaire et autres poètes maudits: "Mais qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance !". La plupart du temps, l'intention était festive plus que romantique. On expérimentait des drug-mix pragmatiques faits de beaucoup de shit, d'alcool, de tabac et de cachetons divers. On se prenait donc de monumentales 'claques' avec toute l'ignorance et l'insouciance de notre jeunesse. Bon, avec les psychédéliques au moins, tout le monde est quand même revenu au port, parfois après une détour de quelques semaines de "cristallisation' comme on disait alors. Pour retrouver une partie de l'ambiance de ces années là, reste la musique qui tournait sur les platines tout au long de nos 'stages' et de nos soirées ainsi que les iconiques pochettes des 33tours de l'époque. 

Pour celleux qui s'intéressent aux set and setting des trips sous LSD des années 80,et autres drogues, au cours des années 80, je recommande la lecture de 'Ce qu'aimer veut dire' de Mattieu Lindon qui relate ses trips avec, notamment, Hervé Guibert et Michel Foucault. Et si vous vous intéressez à l'usage de MDMA dans les années 90 dans le milieu gay parisien, je recommande la lecture de 'Dans ma chambre' de Guillaume Dustan. 

Pink Floyd. Atom Heart mother. "If"

https://www.youtube.com/watch?v=e2G8EWy-plM

Gong. Master builder (74)
https://www.youtube.com/watch?v=CKfTKNp_yUI

Ange. Sur la trace des fées.
Ange. Sur la trace des fées.
https://www.youtube.com/watch?v=m16QDBiT3Go
Jefferson Airplane. Pretty as you feel.
Jefferson Airplane. Pretty as you feel.
https://www.youtube.com/watch?v=j8wvz8VX3Pk
Yes. Close to the edge.
https://www.youtube.com/watch?v=51oPKLSuyQY

King Crimson. In the court of the Crimson king.
https://www.youtube.com/watch?v=fcAk-WzcfKo

Jethro Tull. Aqualung
https://www.youtube.com/watch?v=IxiS6K8jBi0

Genesis. Supper's ready.
https://www.youtube.com/watch?v=szJq1lwnkNw
Ash Ra Tempel & Timothy Leary Downtown blue.
Sweet Smoke . Baby night (1970)
Sweet smoke (Baby night)
Emerson Lake and Palmer. Lucky man.
https://www.youtube.com/watch?v=89g1P_J40JA


samedi 13 août 2022

Mon infarctus

 

D'abord tout le monde s'en fout, et moi le premier. 

Ce lundi matin, le dernier de février 2022, en allant courir, j'ai l'impression de pas trop avancer. Je raccourcis mon tour habituel. Puis, après le repas je ressens un drôle de malaise avec à la fois la peur de tomber et l'envie de dégueuler. ça dure 30 secondes, pas plus. Puis dans la nuit de lundi à mardi je retrouve dans mon lit la sensation d'avoir un succube posé sur l'épaule gauche. Il se déplace parfois. Comme un gros chat couché sur moi. Il attaque aussi par l'arrière ou bien il se déplace vers mon bras gauche. Oppression, donc, zen, détendons nous !

ça passe, et puis ça revient. C'est une sensation que j'ai déjà rencontrée à plusieurs reprises en me couchant. Une impression d'oppression qui me rappelle tous ces tiraillements que j'ai eus depuis la mâchoire jusqu'à l'estomac depuis 2005 et qui se sont multipliés ces dernières années, qui disparaissaient après quelques gorgées d'eau froide et à cause lesquels j'ai mangé des kilos de Maalox contre les maux d'estomac. Un matin à Metz en 2020 aussi où j'ai dû sortir trempé de sueur d'une salle de conférence où j'étais assis. Par contre, ce qui est nouveau ce soir c'est cette nausée qui ne me lâche plus et en plus, des gargouillis inhabituels dans mon ventre. Comme une longue nausée sans pouvoir vomir, entrecoupée de quelques gros spasmes à tomber raide et douloureux à mourir.

Mardi matin, plus de douleur dans la poitrine, mais toujours la nausée à ne pas pouvoir me lever et fatigue tellement intense que je ne peux appeler mon médecin traitant qui prend des rendez-vous seulement avant 9h15 ou après 17h. Serait-ce le Covid ? Je fais un test, et je suis déçu de constater qu'il est négatif. Vers 15h, je sors du lit, impossible de manger, à 18h, j'appelle le médecin qui me donne rendez-vous le lendemain à 18h00.

Mercredi, journée sur le canapé, tout patraque. A 18h, je prend la voiture et je me rends chez le médecin. Il constate que j'ai de la fièvre (38C). Il me fait un électrocardiogramme. Diagnostic possible, mais sans trop y croire : c'est peut être un infarctus... Il rédige donc une ordonnance pour des médicaments (aspirine, nitroglycérine Natispray) et un dosage de la troponine.

Comme j'habite la cambrousse et vu l'heure, le labo d'analyses ouvert le plus proche est à 25 km.  Il est 18h30, il est déjà tard et je repars direct au volant de ma voiture de chez le médecin, direction la vallée . Premier stop à la pharmacie, longue file d'attente. Deuxième stop 15 km plus loin à la recherche d'un labo d'analyse qui ferme à 19h. L'accueil est introuvable car la clinique "B." est justement en chantier et en février, il fait nuit . Je erre dans ce chantier sombre, puis je trouve l'accueil, où on me dit:  "Le laboratoire est fermé depuis 19h, il faut que vous alliez aux urgences privées de la clinique "C". 

Je repars avec ma voiture pour une dizaine de kilomètres encore. Attente, 12 personnes devant moi. ça fait maintenant 3 heures que je suis parti de chez le médecin. Finalement, prise de sang. Je regarde mon sang couler dans le tube, épais et sombre comme du civet de lapin. Enfin je repars chez moi en voiture (25km). Arrivé je prépare des pâtes et je mange. A peine posé sur mon canapé, coup de fil du labo d'analyse qui me demande de partir direct aux urgences pour cause de souffrance cardiaque aigue. Bref, après plus de deux jours de malaises, voilà que je fais officiellement un infarctus ! Là, tout à coup, c'est Mayday ! Mayday ! !

A l'hôpital je suis pris un max en charge  par une demi-douzaine d'intervenants tous très jeunes et tous en mode Matrix. Ils se présentent militairement, "bonjour monsieur Ozias, je suis Joe, Votre infirmier stagiaire et je .... bla bla..." et  j'oublie leur nom spontanément. Après un grand tour des couloirs en lit roulant, lardé de perfusions et ficelé d'électrodes, j'attends dans une chambre double pour subir une angio-plastie dès que possible. 

Un vrai problème avec la cardiologie, c'est le monitoring cardiaque : 6 électrodes sur la poitrine plus un bracelet pour la tension, sans parler des perfusions. Beaucoup de fils à la patte et donc, impossible de sortir du lit, quel que soit le besoin. Et quand un "gros besoin" se fait sentir, j'ai honte pour mon voisin (because le bruit, et l'odeur). Bref, en fin de matinée, après quelques allées et venues de groupes d'internes et un questionnaire intrusif et désagréable sur mon 'hygiène de vie', où l'on me fait comprendre qu'en fumant du cannabis je n'ai pas volé ce qui m'arrive, et jurer que je ne recommencerai plus, c'est mon tour et je pars au bloc. 

L'angioplastie consiste, à l'aide d'un cathéter, à faire remonter depuis la veine du poignet droit des ballonnets gonflables qui ouvrent le passage à deux petits ressorts qui maintiendront les coronaires ouvertes au niveau du cœur (les stents). Mon opérateur me demande si j'autorise son collègue débutant à pratiquer cette opération pour la première fois. Déjà bien dans le colletar, je réponds que oui,  et c'est parti pour 20-30mn de ramonage des artères . Avec le Subutex les 3mg morphine ne font aucun effet et j'ai trouvé ce temps bien long. Résultat Méga hématome sur l'avant bras droit. D'ailleurs, plus d'un an après j'ai toujours la marque du méga-hématome qui s'ensuivit, comme un tatouage souvenir.

Ce qui m'a le plus cassé les pieds, c'est que les médecins, comme toutes les personnes de mon entourage ont spontanément trouvé une explication à cet évènement. Et bien sûr, dans tous les cas, la cause ne tenait qu'à moi. Pour certains, c'était dû au vaccin anti-covid, pour d'autres au cannabis,  ou encore au manque d'exercice, ou au sucre trop présent dans mon alimentation.  Tous.tes avaient trouvé une explication qui leur permettait surtout de se rassurer en se disant qu'elleux -au moins- n'avaient pas ce travers là. Plus tard, en rééducation j'ai cotoyé de nombreux autres patient.es victimes d'infarctus. Certains étaient plus jeunes que moi, d'autres plus âgés. Des hommes dans l'ensemble. Il y avait des gros et d'autres pas. des sédentaires, des sportifs, des stressés ou pas des usagers de drogues ou pas. 

Un an plus tard, qu'en est il ? Grace à la réadaptation qui a suivi l'infarctus je me suis remis au sport. Cardio et gymnastique dans un premier temps à l'hôpital, puis natation en été, musculation hebdomadaire et escalade 2 fois par semaine. J'ai donc perdu 5 kilos et gagné en muscles. Pompes et tractions ne me font pas peur et j'ai presque retrouvé mon niveau d'escalade d'homme jeune. Pourtant, je ressens toujours parfois quelques malaises (douleurs dans la poitrine, ou transpiration sans raison), et je redoute en permanence d'avoir à remettre tout en branle à cause d'un caillot qui bouche une coronaire.

Qui vivra verra

Ozias

samedi 23 avril 2022

DiMiTrips et moi

DMT: qu'est-ce que je retire de cette substance ? Voici quelques notes de trips et une discussion sur le sens que je donne à ces expériences.

Mon premier breakthrough.
Tester sa première extraction est toujours un grand moment. Sur mon canapé, j’y allais donc très progressivement jusqu’au jour où une partie du sachet a glissé dans le vapo. J’aspire. Déconnection avec la réalité, fractales lumineuses, puis je deviens une sorte de voile lumineux bleu vert semblable à une aurore boréale. Me voilà transformé en aurore boréale avec en même temps un puissant sentiment physique d’extase. Puis changement de palette, tons bruns ocres et orangés, comme un couloir bordé de symboles et de déités égyptiennes puis le cosmos où ces dieux sont vivants. Enfin, arrivée dans un univers bleuté, sombre comme une nuit étoilée avec en son centre une immense géode transparente, un demi-globe complexe et lumineux. Une entité féminine, dans des tonalités bleues, entre en contact avec moi et me montre les secrets de l’univers, de la création et de la connaissance contenus dans ce globe et qui sans cesse se transforment comme dans un diorama divin. Serais-je au paradis ? Je recherche d’autres âmes car je me sens comblé mais aussi seul ici, surtout si je dois rester là pour l’éternité. L’expérience se termine par un effacement graduel des visions. Les couleurs deviennent moins vives l’immersion n’est plus totale, se réduit à un écran. Les détails s’estompent et je reviens en douceur sur mon canapé avec un profond sentiment de surprise, de béatitude, de réussite, et de gratitude.
La dame en bleu ressemblait à ça

Autres fois. A l'occasion de cette pleine lune, (essai d'un mix harmaline 100mg gobé 1h plus tôt + DMT vaporisée). Trip report : J'aspire et tout de suite je bascule dans l'hyperespace qui ruisselle des symboles et des images géométriques mobiles et colorées habituelles et là, énorme coup de boule, vent de tempête force10, une force colossale me met à terre, chasse les couleurs et prend possession de mon esprit.  le Maître !!!. Il peut tout, je ne suis rien. Il paraissait comme impatient de retrouver l'espace de mon esprit. Il était pressé, brutal, imprévisible, invisible et tout puissant. Devant tant de puissance et de force, toute beauté disparait. La seule évidence est que ma vie est un détail. Face à l'Univers, à l'infini du temps et face à la mécanique des choses, je suis rien. Je découvre et ressens physiquement ce sentiment de domination absolue et imparable. Pas de question possible zéro degré de liberté. Tout est contrition. Dans cet univers marqué par les couleurs vert-sombre, je ne peux qu'implorer  je veux seulement que le Maître m'enseigne l'humilité et l'abnégation. Dans le même temps, sur mon canapé,  je prends de grandes inspirations d'air par la bouche, comme pour accueillir le Maître dans mes poumons, et aussi pour ne pas me noyer dans ce maelström.  Après une dizaine de minutes, ce monde sombre s'efface doucement. Je me sens revivre, je reprends mon souffle, mes jambes sont secouées d'une vibration rapide mais je peux me lever et même danser dans une arène où siègent des Esprits que je ne connais pas.

Dans la même soirée, donc avec le même set&setting que l'expérience précédente,  plusieurs fois je suis retourné dans ces salons dont beautés inimaginables me procurent comme un orgasme en prime. Avec encore, cette sensation de me noyer. Ces salons sont si beaux qu'ils font oublier de vivre et je comprends que c'est la raison pour laquelle ils sont si éphémères. Je réalise que toutes les beautés de ces mondes surnaturels, ou pas, ne sont qu'une première étape, des sortes de purgatoires enchantés qui sont un préalable à d'autres rencontres plus élevées encore, dans l'attente de la vision du 'MAITRE' le plus haut, celui que je n'ai jamais vu.

De cette soirée je me souviens avoir compris la réincarnation alors que je dansais pour un Dieu indien. Ne me demandez pas de vous l'expliquer, je n'ai rapporté que cette phrase : "De qui vit on la vie ?" . La même nuit j'ai vu aussi "les Vérités" alignées dans des urnes bibliques et brillantes. Visualisation kinesthésique de l'histoire, de tout ce qui s'écrit et ce qui disparait dans des tons bruns. Mais d'ici aussi, ne reste qu'une phrase "La vérité s'oublie si facilement".

D'autres sessions DMT:

Sentiment d'être une expérience parmi une infinité d'autres expériences. Sentiment d'être une sorte de poupée qui serait l'objet d'une simulation destinée à instruire une entité supérieure. Je ne distingue pas l'entité auprès de laquelle je sers de poupée, ou d'animal de compagnie. Je me sens "comme au service d'entités qui m'ont choisi mais que je ne connais pas et dont j'arrose les jardins..."

Parfois je vois ma vie, je vois mon moi comme je verrais objectivement celui d'un autre : solitaire et perdu dans trop d'inutiles rêveries. Parfois j'entrevois la possibilité d'affronter dans mon trip un challenge pour un nouveau départ dans le passé, comme si je pouvais reprogrammer ma mémoire, changer mon souvenir, effacer un trauma. Parfois c'est aussi le sentiment d'entrer pour quelques instants dans l'esprit de personnes que je connais bien. Je visualise alors leurs goûts et leurs sentiments de manière si précise sous forme de synesthésies colorées que je me sens gêné comme un voyeur de l'âme.  J'ai ainsi ressenti tout l'amour qu'une jeune maman, que je connais, ressent pour son bébé. C'était si fort que j'avais l'impression de 'hacker' son esprit. J'ai même cru hacker l'esprit de mon jeune chat, Tout était là très gai, vif et très coloré.

 La DMT me désintègre atome par atome puis me reconstitue sous de multiples formes dans une multiplicité de réalités et de mondes fantasques qui s'ignorent. Peur mais confiance dans la Force qui saura me réagencer. Parfois aussi, ce sont des rubans lumineux qui entrent par ma bouche, des esprits qui scannent mon corps et mon esprit, le 'vérifient' ou des elfes qui me demandent la permission d'accéder à mon cerveau 'pour une mise à jour' Parfois, le temps se dilate tellement que la musique s'arrête et n'a plus de sens. 

Autre soirée avec petit break-through avec dissolution (eCig):
 Je tire deux taffes je garde la vapeur dans mes poumons. 
C'était le vide immense. Une dalle infinie et colorée où rien n'existe et où tout est à sa place. Et moi, là au milieu, j'étais nulle part. Mort ou vivant, qu'importe, et pourtant en extase, traversé d'un flux d'énergie lumineuse et de sérénité. 
Etre où ne pas être, c'était ici la réponse. Absence du temps et de l'espace. Ici même la musique s'arrête, mais pas le flux.  Vision d'un paradis sans Dieu. Impossible de dire tout ce qui se passe au  cours de ces virons dans l'autre monde, mais la DMT est de toute évidence le produit qui permet de visualiser et de vivre l'inouï.

Changa: En écoutant les bruits de la nuit d'été des motifs répétitifs émergent, s'amplifient, deviennent de plus en plus clairs et entraînants, comme une musique qui se rapproche. Je les suis et le paysage qui m'entoure semble vibrer de plus en plus vite et de plus en plus fort.  Le rythme répétitif  monte en amplitude et s'en va crescendo dans l'aigu comme un attracteur qui m'attire et m'emporte. Au dessus de moi le ciel est remplacé par un dôme fantastiquement architecturé sous lequel des entités cernées de halos irisés apparaissent, me regardent et m'attirent. Souvent elles ressemblent à des sortes de 'barbapapas' immenses et vaporeuses qui s'élèvent dans le ciel d'où elles m'observent, ou encore d'immenses cortèges silencieux qui dérivent là haut dans leurs chars aériens. Un soir, c'était l'image de Jésus Christ qui se formait dans le ciel étoilé. Je me suis détourné de cette vision car je ne suis pas croyant, mais plus tard je me suis demandé pourquoi j'ai fait ça.
En fumant la changa je réalise que les "Guides" ont laissé dans l'ADN des plantes de quoi communiquer avec eux. Après avoir fumé,  je reçois parfois des messages télépathiques des Guides, plus rarement sous forme de voix, même si les entités ne parlent ni français, ni anglais. Voici quelques messages que j'ai retenu :

"Elevez vous ! c'est si facile de voir la vérité de là haut !
Ou bien ce peut être un dialogue :  Question télépathique  "Veux tu savoir si tu es sorcier ?"- Moi " Non. "

Ou encore, réponse à ma question : "Qu'est ce qu'être" ?- "être, c'est cela". 

Enseignements télépathiques "Les archétypes sont les constructions mentales des anciens", "l'esprit est tout ce qui n'est pas réalisé", "le mystère est la nature de l'esprit", "croire est une expérience", "aimer, c'est faire exister"

Essai d'analyse de l'expérience DMT

L'hyperespace

Géométriquement l'hyperespace est au moins hyperbolique. Il est fait de symétries, de fractales et de constructions kaléidoscopiques. Ici, d'infimes déplacements conduisent à des changements considérables. Difficile de décrire tous ces impossibles agencements que l'on voit pourtant très nettement car au retour du trip c'est comme si leur projection sur notre espace euclidien perdait l'information. 

Dans sa dimension temporelle l'hyperespace est comme une conscience dans tous ses états possibles à la fois. Par exemple, parfois sous effet, la musique s'arrête, le temps suspend littéralement son vol. C'est rare de ressentir ça physiquement par les oreilles. Curieusement, cette effacement n'est pas un vide car en même temps les pensées déboulent à toute vitesse dans mon esprit. Avec la DMT l'hyperespace semble nous montrer tous les états du monde connectés à un présent qui résulterait sans cesse de la réalisation d'un seul de ces états. 

De la même façon que le photon est connu sous les aspects duals et incompatibles d'onde et de corpuscule, l'hyperespace semble être pour notre réalité ce que l'onde est à la particule : deux phases duales et incompatibles. Comme avec le photon, l'échange d'énergie, l'interaction, conduit à une matérialisation qui effondre la fonction d'onde tandis que la forme ondulatoire conserve l'énergie lumineuse ou les plausibilités du futur. L'hyperespace n'est pas l'espace des phase du futur, mais plutôt celui du présent compte tenu des paramètres dont je dispose. En cela, il ne peut porter de prédictions d'avenir certaines, seulement des plausibilités.

Je visite l'hyperespace en touriste existentiel. Ce que je vois, ce que j'apprends dans l'hyperespace ne m'autorise pas à exercer un pouvoir, une influence dans le monde social, dans ma réalité. Dans l'hyperespace, je ne vais pas chercher d'amour ni de relations car le monde des vivants est le seul monde actuel existant pour moi. 

Moi

je suis une petite chose abandonnée à l'onde infinie. Mon moi s'incarne dans un corps construit à partir d'éléments chimiques et d'un code ADN issu de l'évolution. Je ne peux visualiser qu'une infime partie qui est faite d'histoires et de relations: mon moi. Je peux connaître ma réalité faite d'histoire, de savoirs, de croyances, de culture etc. mais je sais que cela ne sera jamais qu'une mince partie de l'univers dans lequel je vis. Par construction il m'est impossible d'aller au-delà de cet 'horizon de mes évènements'.  Je sais que le plus important m'échappe, mais je peux quand-même parfois en ressentir la nature au travers de l'expérience de la DMT, dans cet état où "la graine se moque d'être plante". Avec la DMT l'esprit rejoint des espaces où le corps n'a plus de place ni de repères, où le corps devient même un obstacle à la connaissance. La DMT rend possible la rencontre de purs esprits avec un être vivant. En cela l'expérience est à la fois prise de conscience et expérience des dimensions immatérielles de nos existences.

Vivant, je laisse des traces, des conséquences qui tissent le quotidien autour de moi. De près ou de loin tout est interconnecté, chaque chose que je fais, chaque trace que je laisse a une conséquence qui interagira autour d'elle dans le présent ou le futur. Les gestes de mon être vivant, les traces que ces gestes laissent, sont tout ce que je peux faire pour inspirer le dépliement des choses. Bien sûr, je ne suis pas tout seul et je ne suis pas au centre, mais, que je le veuille ou non, je suis un coefficient quelque part dans cette matrice de dimension infinie qui fait que tout se transforme sans fin ni commencement. La complexité est derrière notre porte, mais hors de notre portée. 

Parmi toutes les configurations possibles dans un instant mon moi choisit, comme il peut, 'sa réalité' . Notre corps, nos actions donnent une forme aux possibles qui se présentent, que nous choisissons, et qui ouvrent à leur tour le champ à de nouveaux possibles.    

Conscience et esprit

Adyashanti:  Maintenant est juste ce qui se passe moins tout ce que vous en pensez. Après quelques taffes de changa, ou une bouffée de DMT l'espace autour de moi se peuple d'esprits et d'entités. Tous ces esprits semblent vouloir se présenter à moi pour exister dans ma conscience. Il me semble même percevoir une forme de compétition entre eux pour parvenir à exister dans mon cerveau. Les entités m'observent, m'attirent, elles cherchent et souvent parviennent à entrer en communication. 

L'esprit est tout ce qui n'est pas réalisé et donc, le mystère est la nature de l'esprit. J'entends par esprit tout ce qui n'est pas tangible, comme par exemple ce qui aurait pu être ou qui n'est pas encore.  Différents modes d'existence s'échelonnent de l'évidence du phénomène jusqu'à l'existence incertaine des réalités virtuelles. Toute chose, nous y compris, a une existence inachevée : tout est dans le demi-jour. Reste ainsi à savoir pourquoi l’existence qui nous semble donnée n’est en fait jamais donnée, mais peut devenir enfin réelle. La physique moderne nous enseigne qu'une chose n'existe qu'à travers les relations qu'elle entretient avec d'autre choses et pousse à nous interroger sur l'éventualité qu'une forme de conscience ou d'interaction participe à la construction de notre réalité tangible . Plus prosaïquement, nous vivons entourés de sons possibles que nous n'entendrons jamais, car il faudrait un choc, une action, une énergie pour produire ces sons. Il en est de même de tout ce qui ne se réalise pas.

 Selon la théorie quantique une particule subatomique peut exister simultanément en plusieurs endroits à la fois et elle n'est qu'une potentialité jusqu'à ce qu'elle soit mesurée autrement dit, réalisée ou perçue par un observateur, une conscience. Dans l'interprétation de la dualité onde/particule, Everett considère que notre univers se dupliquerait, à chaque instant, en un nombre astronomique de branches. Ces univers vivraient ensuite en parallèle, sans lien possible entre eux. Dans l'expérience de la DMT tout se passe comme si ces univers pouvaient être accessibles au moyen de l'esprit. Ce qui ne veut pas dire que ces univers puissent être utiles ou pertinents par rapport à notre univers physique et encore moins que ce qui s'y passe ait une quelconque valeur de prédiction pour le futur.

On pourrait dire que l'hyperespace permet de voir ce que sont potentiellement les choses avant l'effondrement de la fonction d'onde qui les transforme en réalité suite aux interactions que nous entretenons avec elles. Ce que l'on voit autour de nous est peut-être une forme d'esprit réalisée. Une trace, un fossile, tandis que reste tout le reste tout autour.

Que puis je faire de ces enseignements ? Quelle importance donner à ces expériences ?

Le phénomène n'est pas la nature, mais ce qui nous apparaît. Il m'est donc impossible d'affirmer que les mondes et les entités aperçues sous DMT aient une existence autonome. Par contre, il en est des visions comme des personnes que l'on rencontre dans la vie physique :  je peux établir une relation ou pas et par conséquent leur accorder une place dans ma vie ou pas. Cela n'est pas nouveau. Ainsi certaines personnes peuvent consacrer leur vie terrestre à Dieu, à une cause, d'autres à leurs enfants etc... Pour ma part, ce que je viens chercher ici est l'exploration des états de conscience modifiés ainsi que la connaissance des facultés de mon cerveau. J'aime faire jouer mes neurones à travers ces expériences tout comme en réfléchissant.

Personnellement, je ne souhaite pas prendre en compte les visions et les entités de l'hyperespace pour orienter ma vie physique au quotidien. Les circonstances quotidiennes et mes proches sont suffisamment présents pour me guider, et c'est à ell.eux que je me dois le plus dans cette vie. Aussi, une fois le trip terminé je demande aux esprits de regagner le monde des esprits et de ne demander ni ne procurer rien aux vivants. Par exemple, pourquoi deviendrais-je sorcier pour entretenir des liens avec le monde des esprits quand il y a déjà tant à faire avec le monde des vivants ? - à vrai dire, je n'ai pas vraiment trouvé de réponse à cette question-

Nos pensées ne devraient pas dépasser les bornes de la communication. Je souhaite à toustes de ne pas chercher à vivre trop, ni à "penser plus" car alors vous devrez être seul.e.s. Il faut comprendre que  comprendre, c'est souffrir, par empathie, par travail ou par incompréhension. 

Et pourtant, ce qui danse derrière la porte, c'est à nous d'aller vers ça.

Ozias

 "Toute matière tient son origine et son existence d'une force qui amène les particules d'un atome à vibrer et à maintenir leur fonctionnement cohérent dans un temps imparti" Max Planck.

Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui !

Un article à lire (surtout la partie où il est question des archétypes) https://emagicworkshop.blogspot.com/2022/11/carl-gustav-jung.html

Carl Jung et les visions provoquées par les drogues https://davidprice-26453.medium.com/getting-to-the-truth-1587f982399

Une vidéo à ne pas manquer https://www.youtube.com/watch?v=4zFB5TvqodQ